Avec l’aide de Dieu • 12 Kislev • La hilloula du Bat Ayin
Extraits du saint livre Bat Ayin

Pensées choisies
Ses enseignements de Torah

Enseignements choisis sur le service de Dieu, la foi, l’humilité, Chabbat et le repentir, présentés pour la lecture et l’étude.

Une édition commentée du Bat Ayin
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Lumière pour la vie

22 pensées tirées des enseignements du tsadik

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01Un enseignement de Hanoucca tiré de la paracha VayéchevVoir les mérites du peuple d’Israël à travers Hanoucca+

« Environ trois mois plus tard, on annonça à Juda : Tamar s’est livrée à la débauche… »1Les écrits du Ari, de mémoire bénie, enseignent2 que le jugement reçoit son sceau définitif à Hanoucca. Nous pouvons donc comprendre ces versets comme une allusion à ce qui suit : « Environ trois mois plus tard » désigne la période de Roch Hachana à Hanoucca, lorsque le jugement est définitivement scellé. L’accusateur se présente alors devant le Créateur béni de tous les mondes, évoqué ici par le nom de Juda, pour accuser les êtres humains3et dire : « Tamar, ta belle-fille, s’est livrée à la débauche. » Il s’agit de la communauté d’Israël, comparée au palmier dattier, tamar,4et appelée une épouse :5 elle s’est éloignée de Toi et a suivi des désirs dévoyés. Non seulement elle a suivi les désirs de son cœur, « mais elle est aussi enceinte à la suite de sa débauche. » La grossesse représente ici l’attachement : elle serait attachée à ces désirs de son propre mouvement, sans cause extérieure.

« Juda dit : » c’est-à-dire le Créateur béni : « Faites-la sortir et qu’elle soit brûlée », car, selon l’accusation, aucune cause extérieure ni aucun obstacle ne l’a conduite à s’égarer ; elle s’est attachée aux désirs de son cœur de son propre mouvement. « Alors qu’on la faisait sortir, elle envoya dire à son beau-père… » Elle présente une défense véridique : l’accusateur a prétendu à tort que les êtres humains sont profondément attachés aux mauvais désirs. En vérité,« C’est de l’homme auquel ces objets appartiennent que je suis enceinte. » Cela signifie que nous, Son peuple, ne sommes attachés qu’au Créateur béni de tous les mondes, source de bonté. La valeur numérique des mots hébreux eleh lo, « ces objets lui appartiennent », y fait allusion. Si nous agissons parfois contre Sa volonté, c’est sous le poids des soucis du quotidien, de la subsistance et des autres circonstances humaines. Mais au plus profond de nos cœurs, nous demeurons attachés au Créateur seul, avec un amour et un désir ardents.

Elle offre ensuite au Créateur béni une autre preuve véritable : « Reconnais, je te prie, à qui appartient ce sceau », allusion à l’huile des lumières de Hanoucca, qui portait le sceau du grand prêtre ;6, « et les cordons » évoquent les mèches des lumières de Hanoucca ; « et le bâton » évoque le récipient de la lumière de Hanoucca. La valeur numérique du mot hébreu hamatteh, augmentée d’une unité pour le mot lui-même, est celle de keli, « récipient ». La mitsva d’allumer les lumières de Hanoucca conformément à Ta sainte volonté prouve clairement que nous recherchons Ta volonté et ne sommes attachés qu’à Toi. Nos écarts occasionnels ne proviennent que des soucis évoqués plus haut.

« Juda dit : » c’est-à-dire le Créateur béni : « Elle est plus juste que moi. » Comme si Dieu disait : « J’en porte la responsabilité. »7Le Créateur béni reconnaît que leur défense est juste : Je vois qu’ils ne sont véritablement attachés qu’à Moi, et que leurs actes occasionnels contre Ma volonté ne viennent que de ce que « en effet, je ne l’ai pas donnée à mon fils Chéla. » Chéla évoque notre juste Messie, comme le dit le verset :8 « Jusqu’à ce que vienne Chilo. » Depuis si longtemps, Je ne les ai pas confiés à ce berger fidèle, notre juste Messie. Puisse-t-il venir bientôt, de nos jours. Amen, que telle soit la volonté de Dieu.

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02Un enseignement de HanouccaRéponse à la question du Beit Yossef+

On pose cette question :9Pourquoi célèbre-t-on Hanoucca pendant huit jours, alors que le miracle n’a duré que sept jours ?

Une réponse possible s’appuie sur l’enseignement de nos Sages10 selon lequel il faut prononcer la bénédiction hamotsi avec son hé initial, car les bénédictions d’un homme révèlent s’il est un érudit en Torah. De même, Beit Hillel enseigne que le nombre des lumières de Hanoucca augmente chaque jour. Si Hanoucca ne durait que sept jours, on allumerait quatre lumières le quatrième jour, aussi bien selon l’ordre croissant de Beit Hillel que selon l’ordre décroissant de Beit Chammaï. Ce jour-là, les deux pratiques seraient donc indiscernables. Avec huit jours, la pratique manifeste chaque jour que la loi suit Beit Hillel, y compris le quatrième.

Aboudarham, cité dans Ateret Zekenim, y fait allusion :11Hanoucca se lit comme l’acronyme de « huit lumières, et la loi suit Beit Hillel ». Les huit jours rendent cette règle visible. Cette idée remonte à mon enfance, et je ne me souviens plus si je l’ai proposée moi-même ou si je l’ai entendue de quelqu’un.

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03Paracha BamidbarLe cœur préoccupé par la subsistance+

« Un filet est étendu sur tous les êtres vivants » : la recherche de nourriture et de subsistance peut devenir le filet qui emprisonne l’homme. Il recherche son pain par des calculs et des stratagèmes, pensant que sa propre force le lui procurera, au lieu de compter sur Dieu pour subvenir à ses besoins. Celui qui donne la vie donne aussi la subsistance. Le Baal Chem Tov a expliqué le mot peroussa, « étendu », à travers le terme talmudique peras, une portion de pain. Le filet de la subsistance atteint chacun. Lorsque l’esprit et le cœur sont constamment absorbés par le souci de gagner sa vie, le cœur n’a plus de place pour le service de Dieu.

Mais lorsque l’homme médite sans cesse sur la bonté de Dieu, qui ouvre Sa main et rassasie tout être vivant, et qu’il croit de tout cœur que Sa grande bonté lui assurera sa subsistance sans calculs excessifs, son cœur et son esprit peuvent se tourner vers la Torah et les mitsvot. Par l’étude de la Torah, Dieu fait alors rayonner sur lui Sa sainte lumière, car « la Torah est lumière ». Il s’élève de degré en degré jusqu’à devenir semblable à un sanctuaire où réside la Présence divine.

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04Paracha BalakCultiver un regard bienveillant+

Tel est le « regard bienveillant » de notre père Abraham, décrit par les Sages :12 « Un regard bienveillant, un esprit humble et une âme modeste. » Comment acquérir un regard bienveillant ? Grâce à une âme modeste et à un esprit humble. L’homme doit d’abord s’habituer à limiter les plaisirs matériels, se contentant du nécessaire pour vivre et servir Dieu, sans rechercher le superflu. L’humilité suivra naturellement. Le verset avertit : « Tu mangeras et seras rassasié, et ton cœur s’enorgueillira. »13 Les excès de nourriture, de boisson et de plaisirs matériels peuvent conduire à l’orgueil. Bilam recherchait les honneurs et les plaisirs avec une âme insatiable ; il acquit ainsi un esprit hautain et un regard malveillant. Abraham, au contraire, possédait une âme modeste et ne poursuivait ni les honneurs ni les plaisirs matériels. Il purifia ainsi son âme, atteignit l’humilité de l’esprit et cultiva un regard bienveillant, correspondant à l’âme supérieure.

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05Paracha BalakQu’est-ce qui apporte la bénédiction au peuple d’Israël ?+

Par la demeure de la Présence divine, dans la dimension de la royauté de Dieu, le bien, la bénédiction, l’abondance et la vie affluent vers Israël. Comme l’expliqua le Maguid14 à propos de cette parole des Sages :15 « Israël n’est pas soumis aux astres. » Il interpréta ayin, « le néant », comme l’humilité : l’humilité est la source de bénédiction d’Israël. Lorsqu’Israël atteint cette humilité, la bénédiction, le bien et la vie lui sont accordés. En acceptant humblement le règne du Ciel et en s’attachant à la sainteté, le peuple reçoit le bien, tandis que ses accusateurs sont réduits au silence et écartés.

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06Paracha Pin’hasLe cœur de la foi : Dieu accomplit tout+

Un principe fondamental du service de Dieu est la foi entière que le Créateur béni est un, unique et parfaitement uni, sans aucune comparaison. Lui seul est notre Dieu, passé, présent et avenir ; Il crée et dirige chaque être et veille sur chaque détail. Lui seul a accompli, accomplit et accomplira toutes choses. Avec cette foi, le seul désir de l’homme doit être de réaliser la volonté du Créateur, sans rechercher davantage que ce qu’elle lui accorde. Si Dieu veut lui donner quelque chose, Il le fera assurément, sans obstacle. S’Il ne le veut pas, pourquoi s’épuiser dans une poursuite vaine qui n’apporte aucun bénéfice ?

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07Paracha Pin’hasMême la rigueur est miséricorde+

L’essentiel du service de Dieu est de savoir que l’Éternel est Dieu, comme le dit le verset :16 « Sache aujourd’hui et grave dans ton cœur que l’Éternel est Dieu. » Même lorsque règne un jugement rigoureux, l’homme doit comprendre qu’il s’agit d’une bonté du Créateur destinée à le ramener au repentir. Son cœur doit devenir brisé et contrit. Par cette réflexion, la rigueur se transforme en miséricorde, car il reconnaît que le jugement lui-même exprime la bonté et la miséricorde divines. Ainsi les jugements rigoureux s’adoucissent en bonté et en miséricorde ; c’est de cette manière que les justes transforment la rigueur en miséricorde.

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08Paracha MasséL’amour et la crainte dirigés vers Dieu seul+

Il ne faut rien craindre, si ce n’est le nom honoré et redoutable de Dieu seul, comme nous le demandons chaque jour :17 « Règne sur nous, Toi seul, Éternel, avec bonté et miséricorde. » Nous sollicitons Son aide bienveillante, bien que nous n’en soyons pas dignes : aide-nous à accepter Ta seule royauté, Créateur de tous les mondes, à Te craindre et à T’aimer pleinement. Rien, grand ou petit, ne peut se produire sans Sa providence et Sa volonté ; notre crainte et notre amour ultimes doivent donc se porter vers Lui seul.

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09Paracha Vaet’hananeDeux pièges du mauvais penchant+

L’homme doit veiller avec beaucoup de soin à ne tomber dans aucun des deux pièges du mauvais penchant. Le verset l’en avertit et y fait allusion :18 « Seulement, prends garde et protège ton âme avec une grande vigilance. » Le mot rak, « seulement », évoque une restriction, comme le disent les Sages :19 Les mots akh et rak restreignent ou limitent une affirmation. Protège-toi lorsque tu te sens diminué : quand tu vois les dommages que tu as causés dans les mondes supérieurs et que ton cœur s’abat, ne désespère pas. Sois plutôt fort et courageux, et crois que Dieu désire la bonté et accueille ceux qui reviennent vers Lui. « Protège ton âme avec une grande vigilance » rappelle aussi cet enseignement des Sages :20 « Sois extrêmement, extrêmement humble. » Le mot meod, « extrêmement », évoque ici également l’orgueil démesuré, associé à « la grande Rome » ; il faut s’en protéger.

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10Paracha EkevRecevoir le don de Chabbat+

Le Chabbat, l’homme doit veiller à ses actes, à ses paroles et à ses pensées. L’Écriture avertit explicitement au sujet des deux premiers. Pour les actes, elle dit :21 « Tu ne feras aucun travail » ; pour la parole, elle dit :22 « Ni tenir des propos », ce que les Sages interprètent23 comme l’obligation de parler le Chabbat autrement qu’en semaine. Ces deux domaines sont sous le contrôle de l’homme : il peut empêcher ses mains de travailler et sa bouche de parler des affaires de la semaine. Ce sont « les choses révélées qui nous appartiennent, à nous et à nos enfants ».24Les pensées du cœur et de l’esprit sont, en revanche, cachées et ne sont pas entièrement sous le contrôle humain ; elles appartiennent à l’Éternel notre Dieu. Il accorde leur sanctification comme un don à ceux qui le méritent. C’est ce que suggèrent les Sages lorsqu’ils disent :25 Dieu dit à Moïse : « J’ai un don précieux dans Mon trésor, et son nom est Chabbat. » Les mots « dans Mon trésor » font écho à « les choses cachées appartiennent à l’Éternel notre Dieu ». Ils désignent la pensée : l’esprit doit lui aussi participer à la sainteté de Chabbat. Cette dimension cachée se trouve dans Son trésor, et Il l’accorde comme un don précieux à ceux qui le méritent.

L’homme doit donc d’abord sanctifier ses actes et ses paroles par la sainteté de Chabbat, puis demander à Dieu Son aide et le don précieux de sanctifier également les pensées de son cœur et de son esprit.

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11Paracha RééLa richesse comme moyen de servir Dieu+

Pourquoi considère-t-on comme un avantage de recevoir en ce monde la récompense du commandement « Je suis l’Éternel » ? Ne serait-il pas préférable de la recevoir dans le monde à venir, éternel, plutôt que dans ce monde passager ? C’est que le service du Créateur béni exige un esprit serein. Une certaine récompense matérielle est nécessaire ici pour que l’homme puisse Le servir en toute tranquillité.

Les Sages y font allusion dans « Prélève la dîme afin de devenir riche ». Il semble étonnant de prélever la dîme dans l’attente d’une récompense. Mais on peut souhaiter la richesse pour disposer de la liberté et de la sérénité nécessaires au service de Dieu. Le Midrach lit aussi : « Prélève la dîme afin de ne manquer de rien », pour que le manque de subsistance n’entrave pas le service divin. Une autre lecture est « afin de te diminuer », c’est-à-dire pour que le cœur soit libre de reconnaître ses propres insuffisances et sa petitesse.

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12Paracha RééMême le reproche divin peut devenir une bénédiction+

On peut aussi comprendre « la bénédiction, si vous écoutez… et la malédiction, si vous n’écoutez pas… » ainsi : même la malédiction du Créateur peut être une forme de bénédiction, puisqu’elle incite l’homme à revenir par le repentir. Ce retour est lui-même une bénédiction. Puisse Dieu nous accorder un repentir sincère. Amen, que telle soit Sa volonté.

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13Paracha ChoftimTout bien est un don de bonté+

Le commandement de la Torah de donner au prêtre la première part de toute chose porte un enseignement moral. L’homme doit reconnaître que tous les bienfaits accordés par le Créateur béni proviennent de Sa bonté gratuite, plutôt que de ses propres réussites ou de « ma force et la puissance de ma main ».26 Ses actes seuls ne lui feraient mériter ni tous ces bienfaits, ni même moins. Cette reconnaissance naît d’une véritable humilité : connaître ses limites et sa petitesse. Alors, tout ce que Dieu fait pour l’homme est compris comme un don de bonté qu’il ne mérite pas.

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14Paracha Noa’hTout consacrer au Ciel+

L’essentiel du service de Dieu est : « Dans toutes tes voies, connais-Le »,27 dans les domaines spirituels comme matériels. Place tout sous l’autorité du Dieu unique et sers-Le à travers les deux. Le service spirituel relève de la bonté : aimer profondément Dieu par la Torah, la prière, les mitsvot et les actes de générosité, avec son corps et son argent, pour Lui. La vie matérielle, associée à la retenue, comprend manger, boire et les autres nécessités ; elle doit également être vécue avec l’intention de Le servir.

Tel est le daat : l’union de la bonté et de la retenue, la réunion de la vie matérielle et spirituelle. L’homme maîtrise ses désirs matériels pour que l’amour du Créateur brûle continuellement dans son cœur. Ce désir devient comme une flamme divine, liant son esprit et son cœur à Dieu si pleinement que les autres plaisirs perdent leur emprise. Il mange alors par nécessité, pour apaiser sa faim et trouver la force de servir Dieu, ainsi que pour élever les étincelles saintes contenues dans la nourriture. Chaque acte doit offrir une place à Dieu ; sinon, il convient de s’en abstenir. Dans chaque chose, il ne recherche que le service divin, car Son unité est incomparable et Il est présent partout.

Voilà le sens de « Dans toutes tes voies, connais-Le » : même en répondant aux besoins matériels, unis-les à une intention spirituelle. Ne recherche pas le plaisir personnel pour lui-même, mais la subsistance nécessaire au service de Dieu, comme le dit le verset :28 « Que tes vêtements soient toujours blancs », même lorsque tu t’occupes des besoins du corps. C’est l’essence du daat : unir la vie à la bonté.

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15Paracha Noa’hLe repentir rapproche la délivrance+

Le repentir commence lorsque l’homme médite sur la grandeur de Dieu et croit pleinement qu’Il sonde le plus profond du cœur et connaît tous les actes et calculs humains, comme le dit le verset :29 « Un homme peut-il se cacher dans un lieu secret sans que Je le voie ? » L’homme examine alors ses actes et pensées passés contraires à la volonté de Dieu, éprouve une profonde honte, s’humilie et les regrette sincèrement. Il décide de suivre les voies de Dieu et d’accomplir Sa volonté. Quelle est cette volonté ? « Le cultiver et le garder » :30le cultiver par les commandements positifs et le garder par les interdictions,31avec amour et crainte devant Dieu, et des temps fixes consacrés à l’étude de la Torah. Cet éveil ici-bas suscite un éveil en haut. Le regret des actes passés éveille, pour ainsi dire, la compassion divine et une reconsidération de l’exil, des souffrances infligées par les nations et des souffrances des individus comme d’Israël tout entier. Les bonnes actions et la foi en Dieu, qui désire la bonté, attirent une bonté abondante d’en haut. L’étude régulière de la Torah apporte la lumière de ses vingt-deux lettres spirituelles et le souffle de vie.

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16Paracha ToldotQu’est-ce qui fait accueillir la prière ?+

« Isaac implora l’Éternel pour son épouse, car elle était stérile, et l’Éternel l’exauça. » Rachi explique : lui, plutôt qu’elle, car la prière d’un juste enfant de juste diffère de celle d’un juste enfant de méchant.

Nous pouvons l’expliquer par un enseignement que j’ai entendu du saint Rabbi Zéev de Jitomir sur « Celui qui choisit les chants de louange » :32le Créateur choisit les « restes » du chant, jeu de mots entre chirei, « chants », et chirayim, « restes » : ceux qui se font humbles et insignifiants lorsqu’ils chantent et prient. Ce sont les paroles bienveillantes d’un sage maître.33L’essentiel du service divin est une véritable humilité. Lorsqu’il se tient en prière devant le Créateur de tous les mondes, l’homme pense : mes actes ne me rendent pas digne de parler devant Lui ni de demander quoi que ce soit, grand ou petit. Je ne suis même pas digne d’ouvrir la bouche pour Le supplier. Je demande donc à Dieu de m’aider par le mérite de mes ancêtres.

Une telle prière est accueillie devant Lui, comme il est dit : « L’Éternel est proche de tous ceux qui L’invoquent, de tous ceux qui L’invoquent en vérité. » Il Se rapproche pour accueillir la prière offerte en vérité, par le mérite des ancêtres. Emet, « vérité », est ici associé aux ancêtres ainsi qu’au commencement, au milieu et à la fin.

Un juste enfant de juste peut invoquer le mérite ancestral. Un juste enfant de méchant ne peut le faire de la même manière et doit surtout invoquer ses propres actes. Dieu ne Se tourne pas de la même façon vers cette prière, car Il choisit « les chants de louange », la prière de celui qui se considère comme un humble reste.

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17Paracha Vayichla’hCultiver l’humilité et le sens de sa responsabilité+

L’orgueil est la source des mauvais traits et des forces d’impureté ; la sainteté se retire de celui qui est orgueilleux. L’homme doit donc veiller avec un soin extrême à demeurer humble, en considérant sans cesse les mauvais traits et les désirs corporels qu’il n’a pas encore corrigés. Cela apporte l’humilité et la honte devant le Créateur béni, sans laisser de place à l’orgueil.

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18Paracha VayigachRéfléchir chaque jour à son service de Dieu+

Même celui qui sert Dieu continuellement doit réfléchir chaque jour à la distance qui le sépare encore de Lui. Tout son service est comme rien au regard de ce qui est requis. Il doit se considérer comme quelqu’un qui n’a pas encore goûté à la douceur divine, comme un enfant né aujourd’hui, et recommencer. Qu’il aspire à goûter la bonté de Dieu et prie pour être aidé à bien commencer et bien achever. Que son cœur s’humilie en pensant aux jours et aux années écoulés depuis sa naissance, durant lesquels il n’a pas encore véritablement goûté cette douceur.

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19Paracha ChemotConseils pour lutter contre le mauvais penchant+

La tâche centrale de l’homme est sa lutte quotidienne contre le mauvais penchant, appelé Pharaon, dont les lettres hébraïques peuvent aussi former oref, « la nuque »,34qui l’attire vers les désirs matériels et les vanités de ce monde. C’est le sens spirituel de l’exil en Égypte, et cette lutte est considérable.

Trois choses sont nécessaires pour cette lutte. D’abord la Torah : réserver des temps réguliers et étudier continuellement. Ensuite l’humilité : reconnaître sa petitesse et son immersion dans les désirs matériels, qui ne sont pas la véritable finalité de la vie. Un cœur humble et brisé affaiblit le mauvais penchant. Enfin la prière au Maître de la miséricorde, pour obtenir compassion et force afin de résister à ce « Pharaon ». Dieu le soumettra et aidera l’homme à sortir de l’exil. Ces pratiques doivent être poursuivies chaque jour, sans jamais les perdre de vue.

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20Paracha ChemotLe cœur du service divin : vouloir devenir meilleur+

Le service divin doit s’enraciner dans la dimension de Ehyeh, « Je serai », comme le dit le verset :35 « Dis aux enfants d’Israël : Ehyeh m’a envoyé vers vous. » Un homme plongé dans les désirs matériels peut prier pour Dieu, tout en accordant encore la première place aux préoccupations matérielles. Dans des bénédictions comme « Guéris-nous » ou « Bénis pour nous cette année », il comprend la finalité supérieure de la prière, qui est l’union spirituelle, mais recherche également son bénéfice matériel littéral. Comment une intention imparfaite peut-elle réaliser une union complète en haut ? Dans Sa miséricorde et Sa bonté abondantes, Dieu associe la bonne intention d’Israël à l’action.36Lorsque l’homme reconnaît l’imperfection de son service et de son intention, son cœur se brise et il aspire à l’aide de Dieu pour que le spirituel devienne essentiel et le matériel secondaire. C’est la dimension de Ehyeh : un avenir où une plus grande perfection viendra avec l’aide de Dieu.

Même lorsque ses fautes et son service insuffisant l’ont éloigné de Dieu, il compte sur Sa grande bonté pour lui pardonner et lui permettre de commencer à Le servir à nouveau. Il peut ainsi s’attacher au saint nom Ehyeh, qui exprime : dès maintenant, avec l’aide de Dieu, je deviendrai un serviteur de Dieu.

Par Ehyeh, l’humilité et le désir de s’attacher à Dieu et de se rapprocher de Lui, associés au monde d’Atsilout, l’homme mérite la délivrance.

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21Paracha VaéraLa lumière du repentir délivre même après la faute+

Lorsque l’homme faute, éprouve un cœur brisé et revient par un repentir complet, il attire sur lui la lumière du repentir. Cela est très précieux aux yeux de Dieu, car Dieu désire une demeure dans le monde inférieur.

Il est assurément plus difficile de s’attacher à Dieu après la faute, lorsque le cœur est devenu grossier et souillé. Dieu promet donc : « Je suis l’Éternel avant que l’homme faute ; Je suis l’Éternel après qu’il a fauté » :37même après la faute, un cœur brisé et un esprit humble attirent la lumière du repentir, supérieure à l’état spirituel initial de l’homme avant sa faute.

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22Paracha VaéraL’humilité donne vie et force à nos paroles+

La préparation essentielle à la prière est l’humilité. Après s’être d’abord humilié, l’homme peut prier avec sainteté, pureté et ferveur, donnant une véritable vie spirituelle aux lettres qu’il prononce, semblable à la vie des lettres par lesquelles le monde a été créé. Tous les mondes ont été créés par les vingt-deux lettres.38Prononcées avec sainteté et pureté, les paroles attirent abondance et bénédiction. Comme l’enseigne le Zohar :39 « Ces bénédictions… et ces paroles de l’homme » : les paroles humaines attirent des bénédictions en haut et en bas. La prière offerte avec humilité est accueillie. Tel est le sens de « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre » :40lorsque l’homme est véritablement humble et se considère comme poussière, « l’homme devint une âme vivante », traduit par Onkelos comme « un esprit parlant ». Il peut alors prononcer des paroles qui apportent bénédiction et bonté abondante.

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Sources et notes +
  1. 1. Genèse 38, 24–26
  2. 2. ’Hemdat Yamim, Hanoucca ; voir Zohar III, 259a, et Meïr Einei ’Hakhamim, porte 13, chapitre 2
  3. 3. Voir Zohar I, 89b
  4. 4. Chemot Rabba 36, 1
  5. 5. Pessikta Rabbati, section 37
  6. 6. Chabbat 21b
  7. 7. Voir le commentaire de Rachi
  8. 8. Genèse 49, 10
  9. 9. Beit Yossef, Ora’h ’Haïm 670
  10. 10. Berakhot 38a
  11. 11. Début des lois de Hanoucca
  12. 12. Pirkei Avot 5, 19
  13. 13. Deutéronome 8, 12–14
  14. 14. Meor Einayim, Psaumes
  15. 15. Chabbat 156a
  16. 16. Deutéronome 4, 39
  17. 17. Dans la prière de la Amida
  18. 18. Deutéronome 4, 9
  19. 19. Talmud de Jérusalem, Sota 5, 5
  20. 20. Pirkei Avot 4, 4
  21. 21. Exode 20, 10
  22. 22. Isaïe 58, 13
  23. 23. Chabbat 113b
  24. 24. Deutéronome 29, 28
  25. 25. Chabbat 10b
  26. 26. Deutéronome 8, 17
  27. 27. Proverbes 3, 6
  28. 28. Ecclésiaste 9, 8
  29. 29. Jérémie 23, 24
  30. 30. Genèse 2, 15
  31. 31. Zohar I, 27a
  32. 32. La prière Yichtaba’h
  33. 33. Abréviation signifiant : « Les paroles de la bouche du sage sont bienveillantes »
  34. 34. Likoutei Torah, Vayéchev, enseignement commençant par « Vayehi a’har hadevarim »
  35. 35. Exode 3, 14
  36. 36. Kiddouchin 40a
  37. 37. Roch Hachana 17b
  38. 38. Voir Zohar I, 204a
  39. 39. Voir Zohar I, 64b et 229b
  40. 40. Genèse 2, 7
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